Page:Sénèque - Tragédies, trad. Greslou, 1834, t. 1.pdf/91

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c’est ne savoir pas jouir de la tyrannie. Il faut varier les peines. Il faut condamner les malheureux à vivre, et les heureux à mourir. — Pendant qu’on amasse ici le bois qui doit servir à brûler ce temple, je vais offrir au dieu des mers le sacrifice que je lui ai promis.


AMPHITRYON.

Ô toi, le souverain des dieux ! ô toi, le père et le maître des Immortels ! toi, dont les traits enflammés font trembler la terre, arrête la main sacrilège de ce roi cruel ! Mais pourquoi adresser aux dieux de vaines prières ? où que tu sois, mon fils, écoute-moi ! Quelle puissance inconnue ébranle tout à coup les fondements de ce temple ? Pourquoi ce mugissement sourd qui sort de la terre ? Un bruit infernal s’échappe du fond de ses entrailles. Je suis exaucé ; j’entends, oui j’entends retentir les pas d’Hercule.





Scène IV.


CHŒUR DE THÉBAINS.

Ô fortune jalouse des grands courages, que tu sais mal récompenser la vertu ! Tu donnes à Eurysthée un règne heureux et tranquille ; tandis que le fils d’Alcmène, occupé sans cesse à de nouveaux combats, fatigue, à tuer des monstres, ses mains qui ont porté les cieux : il lui faut couper les mille têtes renaissantes de l’hydre de Lerne, dérober les pommes d’or du jardin des Hespérides, après avoir endormi le dragon, gardien vigilant de ce précieux trésor. Il pénètre dans le désert des Scythes errans qui vivent comme étrangers sur la terre de