Page:Sénac de Meilhan - L'Émigré, Tome 1.djvu/241

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armées Françaises en 17… qui auroit dit que sa petite-fille serait réduite à vendre des fleurs ? La Révolution, lui dit le Marquis, a fait du monde un grand bal masqué, où des princes paraissent sous des habits de paysans, et des valets sont habillés en empereurs ; ma cousine s’est résignée avec courage à son sort. Il y en a, reprit la Duchesse, de bien plus à plaindre que moi ; ce sont les vieilles femmes et celles qui n’ont aucunes ressources dans leur industrie ; je frémis en songeant qu’un peu plutôt ou plus tard, elles n’auront rien à attendre que de la compassion charitable. Le Marquis lui demanda des nouvelles de plusieurs personnes, et comme il ne lui parla ni de mari, ni d’enfans, je jugeai qu’elle était veuve et n’avait pas d’enfans : je ne me suis pas trompée. Madame de Warberg