Page:Sénac de Meilhan - L'Émigré, Tome 1.djvu/268

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je suis pendant la journée, et cette glace m’offrit une femme vêtue de blanc ; ses cheveux épars et bouclés tombaient sur un cou d’albâtre entouré d’un rang de perles, une rose était à quelque distance et s’élevait et s’abaissait… deux bras arrondis par l’amour étaient nuds jusqu’au coude, et des mains d’une blancheur éblouissante parfilaient des fils d’or. Je restai quelques momens sans faire connaître que j’étais éveillé, et je vis cette figure céleste, jeter des regards d’intérêt de mon côté ; ils ont pénétré, ces regards, jusqu’au plus profond de mon cœur ; je ne me croyais plus sur la terre, et j’étais transporté au milieu des anges. Sa mère était près d’elle et contemplait avec délice sa charmante fille, et un vieillard respectable lisait et s’arrêtait quelquefois pour jeter sur elle un regard de