Page:Sénac de Meilhan - L'Émigré, Tome 1.djvu/64

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

de comparaison tourne à l’avantage de ceux que l’on voit. J’ai été si frappée de tout ce que le Marquis a dit sur Clarisse, qu’en rentrant dans ma chambre, je me suis efforcée de m’en rappeler jusqu’à la plus petite circonstance, et suivant ma coutume, lorsque j’entends des choses intéressantes, je l’ai écrit aussitôt. Je ne me flatte pas d’avoir conservé ses expressions, et ce que je vous rapporte ne peut avoir la chaleur que le son de sa voix et ses gestes prêtaient à son discours. Il m’a transporté pour Clarisse, et je n’aurai point de repos que je n’aye ce précieux livre ; car enfin le Marquis qui est jeune, susceptible de passions vives, peut avoir exagéré ; mais il faut que l’ouvrage soit intéressant et renferme de grandes beautés. Voilà une bien longue lettre et j’aurais encore beaucoup de choses à vous dire ;