Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 6.djvu/246

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1680 les Birons[1], Tonnerre[2], Rambures[3], et la bonne din-

    cour… Elle n’apporta pas un écu en mariage, dans une maison fort obérée. Son art et son crédit la rendirent une des plus solidement riches ; mais la beauté heureuse étoit sous Louis XIV la dot des dots. »

  1. 11. Louise et Marie-Madeleine-Agnès, qu’on appelait Mlles de Biron. — Louise de Gontaut, fille du marquis de Biron et d’Elisabeth de Cossé-Brissac, épousa en juillet 1688 Louis de Louet, dit le marquis de Nogaret, qui était fils de Jean-Louis de Louet, marquis de Cauvisson. Son mari fut tué à la bataille de Fleurus, le 1er juillet 1690. En 1696, elle fut nommée dame du palais de la duchesse de Bourgogne. Elle mourut le 14 août 1724, chez les filles de Sainte-Marie du faubourg Saint-Jacques, dans sa soixante et onzième année. « Elle étoit sœur de Biron, dit Saint-Simon (tome I, p. 362), et la maréchale de Villeroi et elle étoient enfants du frère et de la sœur, et en grande liaison. C’étoit une femme de beaucoup d’esprit, de finesse et de délicatesse, sous un air simple et naturel, de la meilleure compagnie du monde, et qui, n’aimant rien, ne laissoit pas d’avoir des amis. Elle n’avoit ni feu ni lieu, ni autre être que la cour, et presque point de subsistance. Laide, grosse, avec une physionomie qui réparoit tout… Elle n’étoit point méchante, et avoit tout ce qu’il falloit pour l’être et pour se faire fort craindre ; mais, avec un très-bon esprit, elle aima mieux se faire aimer. » Voyez aussi Mme de Caylus, tome LXVI, p. 423. — Marie-Madeleine-Agnès fut mariée par le Roi, en septembre 1684, à Joseph-Marie de Lascaris, marquis d’Urfé, enseigne dans les gardes du corps, et qui fut fait à cette occasion menin de Monseigneur. On l’appelait souvent Mlle de Gontaut, pour la distinguer de sa sœur. Elle fut dame d’honneur de la princesse de Conti, fille du Roi. « Mlle de Gontaut, dit Mme de Caylus (tome LXVI, p. 423 et 424), avoit de la beauté, peu d’esprit, mais une si grande douceur et tant d’égalité d’humeur, qu’elle s’est toujours fait aimer et honorer de tous ceux qui l’ont connue. » Son mari était petit-neveu du célèbre romancier Honoré d’Urfé.
  2. 12. Louise, fille de Jacques de Clermont, comte de Tonnerre. « Mlle de Tonnerre n’étoit pas belle, mais bien faite, folle et malheureuse. M. de Rhodes, grand maître des cérémonies, encore plus fou qu’elle dans ce temps-là, en devint amoureux, et fit des extravagances si publiques pour elle, qu’il la fit chasser de la cour. » {Madame de Caylus, tome LXVI, p. 424.) Elle se retira à Port-Royal ; mais Dangeau annonce, à la date du 31 janvier 1686, son mariage avec un gentilhomme du Dauphiné, nommé de Musy, dont la mère était aussi de la maison de Clermont.
  3. 13. Marie-Armande, fille du marquis de Rambures et de Marie