Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/195

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  • 54- DE MADAME DE SIMIANE AU MARQUIS ,732 2 DE CAUMONT1.

A Aixj le 20 février 1732.

Qu’est-ce que c’est donc, mon cher Marquis, que le juif qui arriva ici, et qui dit venir de votre part, tandis que vous me mandez que je n’aurai point celui que vous m’aviez annoncé? Tant y a que je tiens un juif (c’est tout ce que je veux) et que je vous en remercie, parce que je veux toujours tout devoir à vos soins et à votre amitié. J’attendrai patiemment la poudre.

Pour le trophée, mon cher Marquis, ce n’est pas une pièce supportable elle ornera mon garde-meuble. Nous l’avons mise en place entre les deux pilastres; elle y est absolument hors d’oeuvre et ridicule. Il faut là un panneau d’une simplicité infinie; on le fait ici.

Je ne savois pas le degré de gloire de mon cousin de Luçon8; il a bien de l’esprit, mais après s’être tant moqué des harangues de l’Académie, je ne sais s’il réussira à en faire une bonue. A l’égard de don Carlos, il faut, sur la foi de Nostradamus, croire que tout ce qu’il fait est bien, et le mène à tout ce qu’il y a de plus grand. Cette assurance de la part de notre prophète me tient l’âme en paix sur le sort de ce prince. J’ai reçu une lettre de M. de Saint- Aignan8, de Portofîn* il périra plutôt que de manquer un iota du cérémonial; il est ainsi fait.

Avez-vous vu, mon cher Marquis, les titres des. coméLetthe 54 (inédite, revue sur l’original). r. Le dernier alinéa seul est de la main de Mme de Simiane.

2. L’abbé deBussy venait d’être élu successeur de la Motte au fauteuil occupé précédemment parles deux Corneille voyez tome X, p. 571, note 3.

3. Voyez ci-dessus, p. 92, note r, et p. 78, note 6.

4. Porto-Fino, sur la côte de GÔnes,