Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/346

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Mme de Montauban3; cela s’est fait à Bandol et continue

ici. Le sujet ne se dit pas mais ce qu’il y a de vrai,

c’est que ce ménage, qui étoit l’enfer, est devenu le

paradis l’amitié, l’union, la confiance y sont dans leur

perfection, de façon qu’on ne souhaite point que les

étrangers s’introduisent davantage dans cette maison à

titre de tant d’amitié. M. et Mme de la Tour sont établis

dans leur magnifique palais, qui se perfectionne tous les

jours; ils se portent tous deux très-bien. Madame votre

sœur n’est point à Aix. Voilà tout ce qui se peut écrire.

D’Orves estchez sa nièce d’Estienne àunebastide à deux

lieues d’ici; il a été vingt jours à Belombre plus on le

voit, plus on veut le voir. J’imaginai donc d’aller me

promener à cette bastide deux petites lieues, un chemin

•comme la main; l’exercice m’est nécessaire j’emprunte

le carrosse à six chevaux de Monsieur le premier prési-

dent5; je m’embarque, Dantelmy, le chevalier, Mlle Gros

et moi6, après un léger repas à onze heures, et nous

partons à midi. Monsieur, ces deux petites lieues’ en

sont trois mortelles; ce chemin comme la main est tout

ce qu’il y a de plus horrible bêtes et gens nous n’en

pouvions plus; il fallut enrayer six fois; enfin nous

arrivons, et à peine sommes-nous là, que le soleil nous

annonce qu’il faut repartir; nous revoilà sur le beau

chemin, et tout de suite dans nos lits, brisés, roués

voilà notre aventure.

Enfin8 donc, Monsieur, il est écrit que vous me retu-

3. Voyez ci-dessus, p. i5i, note 6.

4. Voyez ci-dessus, p. 80, note 7.

5. Des Gallois de la Tour.

6. « .je m’embarque, Dantelmy, le chevalier, et Mlle Gros. »

(Édition de 1778.)

7. et les deux petites lieues. » (Ibidem.)

8. Tout cet alinéa manque dans l’édition de 1773.

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