Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/595

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NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 5og

fois, que ST. Fagon avoit été consulté, et qu’il étoit loin d’avoir donné à Mme de Sévigné l’espoir du rétablissement de sa fille. L’humeur de Mme de Grignan en avoit sans doute éprouvé une grande altération et, comme il arrive presque toujours quand la poitrine est menacée, les personnes qui, comme sa mère et Corbinelli’, lui avoient été jusque-là les plus chères, lui étoient devenues importunes. Mme de Simiane aura peut-être pensé que ces passages indiquant seulement le mauvais étatde la santé de sa mère, les lecteurs ne pourroient s’y méprendre; ou bien il faut attribuer cette publication à une distraction de Mme de Simiane, qui n’aura pas assez soigneusement examiné les lettres qu’elle confioit à M. de Perrin pour les publier.

« N’est-ce pas un assassinat, s’écrie Mme de Sévigné dans la lettre du 18 septembre 1679, d’avoir cru qu’on vouloit vous ôter de mon cœur, et sur cela me dire des choses dures ? et le moyen que je pusse deviner la cause de ces chagrins? Vous me dites qu’ils étoient fondés; c’était dans votre imagination, ma fille, et sur cela vous aviez une conduite qui étoit plus capable de faire ce que vous craigniez, si c’étoit une chose faisable, que tous les discours que vous supposiez qu’on me faisoit ils étoient sur un autre ton, et puisque vous voyiez bien que je vous, aimois toujours, pourquoi suiviez-vous votre injuste pensée, et que ne tâchiez-vous plutôt, à tout hasard, de me faire connoître que vous m’aimiez; j’étois digne e de louanges dans tout ce que je croyois ménager, et je me souviens que deux ou trois fois vous m’avez dit le soir des mots que je n’entendois point du tout alors, etc. »

La lettre du S7 septembre suivant présente encore des passages de la même force. « Ne croyez pas que j’aie pour remède à ma tendresse la pensée de n’être pas aimée de vous non, non, je crois que vous m’aimez, je m’abandonne sur ce pied-là, et j’y compte sûrement. Vous me dites que votre cœur est comme je le puis souhaiter et comme je ne le crois pas; défaites-vous de cette pensée, il est comme je le souhaite et comme je le crois. »

Mme de Simiane mourut en 1737, et le chevalier de Perrin, en 17&4, publia une nouvelle édition. Pour un lecteur qui ne s’attacheroit qu’au nombre des volumes et des lettres, cette édition seroit beaucoup plus ample que celle de 1734-1737; mais en les rapprochant l’une de l’autre, on remarque dans la seconde des omissions presque aussi fréquentes que celles qui résultent de la comparaison des éditions de 1726 et de 1734.

Il est probable que Mme de Simiane, regrettant que l’on eût puis. Voyez les lettres des et 20 octobre 167g.