Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/60

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liv LETTRES INÉDITES

1703

  • l4g4 ter. DU COMTE DE GRIGKAN

A ghamillart.

Monsieur-,

Je ne doute pas que le nom et la famille deM. le marquis de la Charce ne vous soient connus c’est une maison aussi distinguée par son zèle pour la religion depuis leur conversion, qu’elle l’est par sa qualité*. Leur exemple jusques ici a soutenu dans cette contrée du bas Dauphiné la foi des bons catholiques, comme il a été la confusion de ceux qui n’ont fait que semblant de l’être. Mme la marquise de la Charce la mère, âgée de quatre-vingts ans, est une personne d’un rare mérite. Monsieur son fils aîné a l’honneur d’être gentilhomme de la chambre de Monseigneur le Prince2. Le cadet a vu brûler dans les Cévennes, par la fureur des fanatiques, une belle terre et la seule maison qui lui restoit. Cette famille, Monsieur, vient de perdre Mlle de la Charce, que l’on pouvoit regarder comme une espèce d’héroïne, et à qui tous les services qu’elle a rendus à la religion et au Roi, dans les premiers mouvements de la conversion des huguenots, avoient attiré des bontés de Sa Majesté une pension de deux mille francs. Permettez-moi, Monsieur, de joindre mes instantes prières à celles de cette famille, qui s’est adressée à moi, et dont je connois les grands besoins comme le mérite, pour obtenir du Roi la continuation de cette pension en faveur de Mme la marquise de la Charce la mère. J’ose avancer qu’il est de la piété et de Lettre i4g4 ter (revue sur l’original, qui n’est pas de la main du comte de Grignan, mais seulement signé de lui). i. Sur la famille de la Charce, voyez la longue note des pages 546-648 du tome X.

a. De Henri-Jules de Bourbon, fils du grand Condé.