Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/601

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NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 5,5

Sévigné à Mme de Grignan; les notes claires et pleines de recherches utiles dont d les a accompagnées sont encore le premier ornement de nos éditions modernes; mais peut-on se défendre d’un sentiment de regret, en voyant l’éditeur, qui a eu sous les yeux les manuscrits originaux de cette femme illustre, se permettre de retoucher et d altérer souvent un texte quenous respecterions aujourd’hui comme celui d’un de nos classiques? Les négligences échappées à aime de Sévigné n’étoient même pas sans quelque prix, pour ceux qui desiroient de la mieux connoître elles étoient autant de preuves du peu d importance qu’elle attachoit à ces feuilles qui voloient en Provence sans qu’elle daignât les relire.

M. de Perrin, cherchant à colorer ces nombreux changements fit observer quel’édition de 1784 avoit été imprimée surdos copiesimparfaites il avoit dit cependant dans la préface de cette dernière édition, qu’il s’étoit attaché à comparer lei copies aux. originaux k. laquelle des deux préfaces doit-on ajouter foi? Cette difficulté n’est heureusement pas difficile à résoudre. Mme de-Simiane ayant concouru a 1 édition de i734, avoit sans doute confié à M. de Perrin tous les originaux des lettres qu’elle vouloit publier et cet éditeur connoissoittrop l’importance duservice qu’ilrendoitaux lettresfrançoises pour s être contenté, en I734, de copies dont il n’auroit pas fait lui-même la vérification. La concordancepresque continuelle de l’édition de i734 et des deux éditions de I?a6, et, par-dessus tout, la comparaison des originaux d’un certain nombre de lettres de tkude,ff"g avec ^ditionde ^84, font cesser toutes les incer-

titudes, et montrent à découvert le systême de correction qtii. a été

suivi dans I édition de ij-54, et dont M. de Perrin paroît avoir usé plus modérément dans celle de I734, publiée du consentement et sous les yeux de Mme de Simiane.

Il résulte donc de la comparaison des quatre éditions originales

des lettres de Mme de Sévigné, qu’il existe dans les éditions de .7.6

et dans celle de I734 beaucoup de fi-agmentsqui ont été rejetés de celle de i754. Nous les avons rétablis, à l’exception d’un très-petit nombre, qui portoient des marques évidentes d’altération. On verra, en lisant cette édition, combien ces restitutions ont répandu de clarté sur des passages qui, jusqu’à présent, avoient semblé obscurs. Il a fallu prendre ensuite une détermination sur un point d’une nature plus délicate. Quelle leçon devoit-on adopter? Le texte de 1 édi ion de i734 Aott plus rapproché de celui des lettres originales que le texte de 1 edtfion de I7S4 d’un autre côté, l’édition de 1734 ne pouvoitpas êtreregardée comme une autorité d’une aussi grande force que leut été la représentation des originaux. On a cru que le parti le plus sage étoit d’allier les trois textes de !7a6, de 1734 et