Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 2.djvu/12

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1670


111. — DU COMTE DE BUSSY RABUTIN À MADAME DE SÉVIGNÉ.
À Chaseu, ce 10e juillet 1670.

Je reçus hier votre lettre du 6e de ce mois, ma belle cousine. Je suis bien aise que vous confessiez que vous avez eu tort : cela me marque un bon cœur, et m’oblige de trouver que vous n’en avez pas tant que j’avois d’abord pensé. La lettre que je viens de recevoir de vous est aussi agréable que la précédente l’étoit peu. Votre retour me paroît si plaisant, que je vous permets encore de m’offenser, pourvu que vous me promettiez une pareille satisfaction : aussi bien me mandez-vous que vous m’en devez encore de reste. Hâtez-vous donc de me payer, afin que nous soyons bientôt quittes. Je meurs d’impatience d’être assuré que je n’essuierai jamais de mauvaise humeur de vous.

Je ne vous ai point menti quand je vous ai mandé que je savois que vous aviez des ennemis : premièrement, vous me l’aviez écrit dans votre Épitre chagrine[1] ; mais, outre cela, on me l’a mandé d’ailleurs. Quoique votre modestie vous fasse dire que vous n’êtes ni jeune ni belle, et

    d’Esculape dans le Balet royal des Arts, dansé par Sa Majesté en 1663 :

    C’est à l’amour à le guérir
    Et comme il fait les maux, il fait les médecines

    Voyez les Œuvres de M.  de Benserade (1697), tome II, p. 294.

  1. LETTRE III. — I. Dans la lettre du 17 juin, que Bussy rapproche plaisamment de l’épître burlesque à M.  Rosteau, à laquelle Scarron a donné ce titre : voyez les Œuvres de M.  Scarron (1659), p. 24. Ce nom d’Épître chagrine était devenu un terme générique. On en a imprimé à part deux autres du même auteur, adressées au maréchal d’Albret et à M.  d’Elbène (Paris, G. de Luynes, 1674, 24 pages).