Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 2.djvu/30

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1670 mère lui avoit recommandé en partant de ne se point faire saigner à Paris : il ne s’est point fait saigner, il est mort.

Noirmoutier est aveugle sans ressource ; Mme de Grignan peut reprendre toutes les vieilles réflexions qu’elle avoit faites là-dessus.

La cour est ici, et le Roi s’y ennuie à tel point, qu’il ira toutes les semaines trois ou quatre jours à Versailles.

Le maréchal de la Ferté dit ici des choses nompareilles ; il a présenté à sa femme le comte de Saint-Paul[1] et le petit Bon[2], en qualité de jeunes gens qu’il faut présenter aux dames. Il fit des reproches au comte de Saint-Paul d’avoir été si longtemps sans l’être venu voir. Le comte a répondu qu’il étoit venu plusieurs fois chez lui, qu’il falloit donc qu’on ne lui eût pas dit[3].



120. — DU COMTE DE BUSSY RABUTIN
À MADAME DE SÉVIGNÉ.

Je fus six mois sans avoir de commerce avec Mme de Sévigné, après lesquels je lui écrivis cette lettre.

À Chaseu, ce 12e décembre[4].

Je ne fais que d’apprendre l’heureux accouchement de Mme de Grignan, dont je vous félicite, ma chère cousine.

  1. 12. Depuis duc de Longueville : voyez la note 7 de la lettre 84.
  2. 13. Jean-Louis-Marie comte de Fiesque, fils de Charles-Léon l’ami de Condé, et de Gillonne d’Harcourt.
  3. 14. La maréchale de la Ferté, âgée alors de quarante et un ans, était Madeleine d’Angennes de la Loupe, sœur de la comtesse d’Olonne. Ces deux sœurs se sont rendues célèbres par leurs galanteries. Voyez les lettres du 20 juin et du 8 juillet 1672.
  4. LETTRE 120. — 1. Dans le manuscrit, cette lettre est datée à tort du 22 décembre : la réponse de Mme de Sévigné (n° 123) est du 19, et l’introduction de Bussy parle de huit jours d’intervalle.