Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 2.djvu/545

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1672

258. — DU COMTE DE BUSSY RABUTIN À MADAME DE SÉVIGNÉ.

Deux mois après (voyez les lettres du 24 et du 28 janvier précédent, p. 477 et 482), j’écrivis cette lettre à Mme de Sévigné.

À Chaseu, ce 19e mars 1672.

Un honnête marchand de Semur, parent des la Maison, vos fermiers[1], qui me fait crédit quelquefois, et qui ne me presse pas trop, a une affaire à Paris, qu’il vous dira, Madame. Je vous supplie de l’y servir ; vous me ferez un fort grand plaisir. Il s’appelle Versy.

J’espère que vous me ferez réponse, encore que vous ne soyez pas dans la cellule de notre petite sœur Jacqueline-Thérèse[2]. Vous ne commencez de m’écrire que des Saintes-Maries ; mais vous me faites réponse de partout.

Enfin voici la guerre. Si ce n’est que pour une campagne, cela ne vaut pas la peine de me faire sortir de chez moi. Si elle dure davantage, peut-être me verra-t-on encore sur les rangs. J’ai écrit au Roi pour lui offrir mes services[3], comme j’ai fait cinq fois depuis que je suis en Bourgogne. Je suis content de sa réponse. Que ceci soit entre nous, ma belle cousine ; car vous savez que rien ne réussit que par le secret. Je ne vous le cacherois pas si j’en avois de plus grande conséquence.

  1. Lettre 258. — 1. À Bourbilly.
  2. 2. La fille aînée de Bussy et de Gabrielle de Toulongeon s’appelait Diane-Jacqueline. Thérèse devait être son nom de religion.
  3. 3. Cette lettre au Roi se trouve dans la première édition des Lettres de Bussy (tome I, p. 69), avec la date du 29 septembre 1671. Elle y est précédée de ces mots : « Je vous envoie ma dernière lettre à Sa Majesté. Vous ne m’avez rien dit de la. précédente. » Voyez dans l’Appendice au tome II de la Correspondance de Bussy, p. 435 et suivantes, les deux lettres au Roi du 9 septembre et du 8 décembre 1671.