Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/155

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1672 par les pieds ; il a cinq fers en cinq[1] sur le bois de lit, d’où pendent cinq rubans qui soutiennent en l’air les trois grands rideaux et les deux cantonniers[2] ; les bonnes grâces[3] sont retirées par le chevet avec un ruban. Adieu, ma bonne. M. de Grignan veut-il bien que je lui rende une visite dans son beau château ?


Suscription : Pour une créature que j’aime passionnément.


298. DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.
À Auxerre[4], samedi 16e juillet.

Enfin, ma fille, nous voilà. Je suis encore bien loin de vous, et je sens pourtant déjà le plaisir d’en être plus près. Je partis mercredi de Paris, avec le chagrin de n’avoir pas reçu de vos lettres le mardi. L’espérance de vous trouver au bout d’une si longue carrière me console. Tout

  1. 6. N’y aurait-il pas ici un mot sauté ou quelque autre altération ? Nous avons suivi le texte de l’édition de la Haye, la seule qui donne ce morceau, depuis Voilà jusqu’à avec un ruban.
  2. 7. On appelait cantonniers ou cantonnières deux pièces d’étoffe qui couvraient les colonnes du pied du lit et passaient par-dessus les rideaux.
  3. 8. Les bonnes grâces étaient d’autres pièces d’étoffe qui accompagnaient les grands rideaux.
  4. Lettre 298. — 1. À quarante-deux lieues de Paris, et à trente-deux de Montjeu, d’où est datée la lettre suivante. Comme dans son voyage de Bretagne, Mme de Sévigné faisait dix à douze lieues par jour ; par eau, sur le Rhône du moins, elle alla plus vite (voyez la note de la lettre du 27 juillet suivant). Elle se reposa à Montjeu et à Lyon : en tout elle mit dix-sept jours à franchir la distance de cent cinquante-six lieues et demie, qui sépare Paris de Grignan. Voyez Walckenaer, tome IV, p. 200.