Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/206

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1673 ce dernier est très-affligé de quitter la France. Je l’ai vu quasi tous les jours pendant qu’il a été ici ; nous avons traité votre chapitre plusieurs fois.

La maréchale de Gramont[1] s’est trouvée mal ; d’Hacqueville y a été, toujours courant, lui mener un médecin ; il est en vérité un peu étendu dans ses soins.

Adieu, mon amie ; j’ai le sang si échauffé, et j’ai tant eu de tracas ces jours passés, que je n’en puis plus : je voudrois bien vous voir, pour me rafraîchir le sang.


320. — DE MADAME DE LA FAYETTE À MADAME DE SÉVIGNÉ.
À Paris, le 19e mai.

Je vais demain à Chantilly[2] : c’est ce même voyage que j’avois commencé l’année passée, jusque sur le Pont-Neuf,

  1. Tott n’eut son audience de congé du Roi que le 4 juillet, « au camp proche Viset. »

  2. 2. Françoise-Marguerite de Chivré, femme du maréchal depuis 1634. Voyez la note 14 de la lettre 354.
  3. Lettre 320. — 1. « Il faut voir dans du Cerceau et dans Perelle ce qu’était Chantilly au commencement et à la fin du dix-septième siècle. Ce vaste et beau domaine était depuis longtemps aux Montmorency, et il vint aux Condé par Madame la Princesse, grâce surtout aux victoires du duc d’Enghien (confisqué après la condamnation d’Henri de Montmorency, frère de la princesse, il ne fut rendu qu’en 1643 aux Condé). Il rassemble donc les souvenirs des deux plus grandes familles militaires de l’ancienne France… Les Montmorency ont transmis aux Condé le charmant château, un peu antérieur à la Renaissance… C’est le grand Condé, dans les dernières années de sa vie, qui trouvant alentour les plus beaux bois, une vraie forêt, avec un grand canal semblable à une rivière, des eaux abondantes et de vastes jardins, en a tiré les merveilles que… Bossuet n’a pu s’empêcher