Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/269

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1673 que moi. Je suis à vous, ma très-aimable enfant, et ne trouve rien de bien employé que le temps que je vous donne : tout cède au moindre de vos intérêts. J’embrasse ce pauvre Comte : dois-je l’aimer toujours ? En êtes-vous contente ?


343. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.
À Paris, lundi 6e novembre.

J’ai eu une très-bonne conversation de deux heures avec M. de Pompone ; jamais il n’y aura une plus favorable audience, ni une réception plus charmante. M. d’Hacqueville y étoit, il pourra vous le dire ; nous fûmes parfaitement contents de lui. Je ne sais si c’est qu’il entrevoit la paix ; mais il nous assure que la guerre n’empêcheroit point du tout qu’il ne demandât le congé de M. de Grignan après l’Assemblée, et qu’il croyoit que vous ne pouviez jamais mieux prendre votre temps pour faire ce voyage.

Vous avez raison de dire que les honneurs ne me changeront pas pour vous : hélas ! ma pauvre belle, vous m’êtes toutes choses, et tout tourne autour de vous, sans vous approcher, ni sans me distraire. N’êtes-vous point trop jolie d’avoir écrit à mon ami Corbinelli et à Mme de la Fayette ? Elle[1] est charmée de vous, elle vous aime plus qu’elle n’a jamais fait, et vous souhaite avec empressement : vous la connoissez, il la faut croire à sa parole.

  1. Lettre 343. — 1. Dans l’édition de 1754, le chevalier Perrin a remplacé par les mots cette dernière, le pronom elle, bien clair ici pourtant ; et deux lignes plus bas, à sa parole par sur sa parole. — Un peu plus loin il a suppléé deux mots : « sur son amitié, et sur celle de bien d’autres. »