Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/303

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1673 premier jour ; et vous arriverez un peu après, si vous me voulez témoigner un peu d’amitié.

L’abbé Têtu ne perd point d’occasion de vous rendre service en bon lieu : c’est encore un de mes hommes que j’ai bien désabusé.

Ma chère enfant, ayez quelque soin de votre santé, tâchez surtout de dormir, et d’éloigner dès le soir toutes les pensées qui vous réveillent.


353. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ ET D’EMMANUEL DE COULANGES À MADAME DE GRIGNAN.
À Paris, lundi 4e décembre.

de madame de sévigné.

Me voilà toute soulagée de n’avoir plus Orange sur le cœur ; c’étoit une augmentation[1] par-dessus ce que j’ai accoutumé de penser, qui m’importunoit. Il n’est plus question présentement que de la guerre du syndicat : je voudrois qu’elle fût déjà finie. Je crois qu’après avoir gagné votre petite bataille d’Orange, vous n’aurez pas tardé à commencer l’autre[2]. Vous ne sauriez croire la curiosité

  1. Lettre 353. — 1. Dans l’édition de 1734 : « une agitation. »
  2. 2. La Gazette du 26 novembre rapporte que le comte de Grignan arriva le 21 à Orange, « accompagné de plus de six cents gentilshommes de la province et de quantité d’autres du voisinage, qui marquèrent avec empressement leur zèle pour le service du Roi et leur affection envers le lieutenant général. Le même jour. il fit sommer le gouverneur d’un donjon qui restoit de l’ancienne place que le comte de Nassau avoit fait bâtir, et il n’eut pas à peine souffert trois ou quatre coups de canon qu’il demanda capitulation, qui lui fut accordée. » — Le 5 décembre, le comte de Grignan fit à