Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/307

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

1673

Vos guerriers étant partis,
C’eût été chose étrange
Que votre époux n’eût pas pris,
Au milieu de son pays,
Orange, Orange, Orange.

Je m’en réjouis avec vous, Madame la Comtesse ; j’ai dit mon Te Deum très-dévotement. Voilà tout ce que je vous puis dire, et à Monsieur le Comte, que j’aime et honore toujours comme il le mérite.


354. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.
À Paris, vendredi 8e décembre[1].

Il faut commencer, ma très-bonne, par la mort du comte de Guiche[2] : voilà de quoi il est question présentement. Ce pauvre garçon est mort de maladie et de langueur dans l’armée de M. de Turenne. La nouvelle en vint mardi matin. Le P. Bourdaloue l’a annoncée au maréchal de Gramont, qui s’en douta, sachant l’extrémité de son fils. Il fit sortir tout le monde de sa chambre. Il étoit dans un petit appartement qu’il a au dehors des Capucines[3]. Quand il fut seul avec ce Père, il se jeta à son

  1. Lettre 354. — 1. Dans l’édition de 1725, la lettre est datée du mercredi (mecredi) 29 novembre ; dans celle de Rouen (1726), du 29 novembre, sans indication du jour de la semaine ; dans celle de la Haye (1726), du 25 novembre.
  2. 2. Sur le comte de Guiche, sa femme, son frère et sa belle-sœur, voyez tome II, p. 52, 143, 215, 388. — Il mourut le 29 novembre à Kreuznach, dans le Palatinat, à l’âge de trente-six ans, « après treize jours de fièvre continue causée par les fatigues de la campagne, et notamment par les soins qu’il avait pris de maintenir le poste d’Aschaffenburg. » Voyez la Gazette du 9 décembre.
  3. 3. Le couvent des capucines, dont la première pierre fut posée