Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/88

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1672 j’en ai l’obligation, car je ne l’ai jamais lu[1]. Je ne sais pas si c’est à cause de la ressemblance, que ce qu’il dit me touche extrêmement ; mais rien ne me touche davantage. Ma modestie m’empêchera pourtant désormais de lui donner beaucoup de louanges, de peur que vous ne croyiez que je me loue sous son nom, comme on fait quelquefois quand on estime un homme contre qui l’on s’est battu. Cependant il faut encore que je vous dise, pour la dernière fois, qu’Horace me charme ; mais que s’il voyoit le commentaire que vous faites de lui, il en seroit charmé. Mon Dieu, que vous l’entendez bien, et que vous l’expliquez agréablement ! Si le Roi pensoit sur cela ce que je pense de vous, je suis assuré qu’il vous feroit lire Horace à Monsieur le Dauphin, et peut-être à lui-même[2].


279. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.

À Paris, ce lundi 23e mai. Mon petit ami de la poste ne se trouva point hier à l’arrivée du courrier, de sorte que mon laquais ne rapporta point mes lettres ; elles sont par la ville ; je les attends à tous les moments, et j’espère que je les aurai avant que de faire mon paquet. Ce retardement me déplaît beaucoup : mon petit ami m’en demande excuse, mais je

  1. 6. C’est difficile à croire, même malgré les fautes que nous avons signalées dans la copie de la lettre de Corbinelli (p. 70, note 5). Voyez la Notice sur Mme de Sévigné qui est placée en tête de l’édition de 1818, tome I, p. 127.
  2. 7. Mme de Coligny a ajouté ces mots : « J’ai peur qu’à la fin vous ne me gâtiez, tous tant que vous êtes, à force de louanges. »