Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 4.djvu/101

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1675
que le marquis d’Ambres[1], en lui écrivant, ne le traitoit pas de monseigneur, Sa Majesté a ordonné à ce marquis de le faire, et sur cela il a écrit cette lettre au maréchal :

Monseigneur,

Votre maître et le mien m’a fait commander d’user avec vous du terme de monseigneur : j’obéis à l’ordre que j’en viens de recevoir avec la même exactitude que j’obéirai toujours à tout ce qui viendra de sa part, persuadé que vous savez à quel point je suis, Monseigneur, votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Ambres.

Le maréchal d’Albret fit cette réponse au marquis d’Ambres :

Monsieur,

Le Roi, votre maître et le mien, étant le prince du monde le plus juste et le plus éclairé, vous a ordonné de me traiter de monseigneur, parce que vous le devez : et comme je m’explique nettement et sans équivoque, je vous assurerai que je serai à l’avenir, selon que votre conduite m’y obligera, Monsieur, votre très-humble et très-affectionné serviteur,

Le maréchal d’Albret[2]
  1. Voyez la lettre du 19 août précédent, p. 62, et la note II.
  2. Dans les deux copies non autographes (voyez ci-dessus la note 12), on lit, à la suite de ce billet, et sous le titre de Réponse, le morceau que voici : « Le marquis d’Ambres ne sait pas vivre. Étant bien plus jeune que le maréchal d’Albret et n’ayant jamais eu d’autre emploi que celui de mestre de camp au régiment de Champagne (de 1657 à 1671), il étoit ridicule de n’écrire pas à ce maréchal monseigneur. La lettre du maréchal est meilleure que l’autre. Pour moi, j’aurois encore renchéri sur le Gascon ; au lieu de dire : « le Roi, votre maître et le mien, » j’aurois dit « mon maître et le vôtre. »