Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 7.djvu/264

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1683 donc rompre tout commerce avec votre fils, après avoir tant fait pour lui ? Voulez-vous vous ôter à lui, et le punir comme s’il avoit manqué à tout ce qu’il vous doit ? Mon mariage ne répareroit pas un tel malheur, et je vous aime mille fois mieux que tout ce qu’il y a dans le monde. Mandez-moi, je vous supplie, quelque chose là-dessus ; car j’ai, en vérité, le cœur si gros, que s’il n’y avoit du monde dans ma chambre à l’heure qu’il est, je ne pourrois m’empêcher de pleurer. Adieu, ma très-chère Madame : ne renoncez point à votre fils ; il vous adore, et vous souhaite toute sorte de bonheur avec autant de vérité et d’ardeur qu’il souhaite son propre salut

pour ***[1].

Toutes vos hardes sont enchantées ; mais vous m’avez oublié des bas de soie. Envoyez-m’en par la poste au plus tôt, de la même couleur que l’habit.

N’oubliez pas, s’il vous plaît, des bas de soie verts et des garnitures de rubans pour la future.

Adieu, mon très-cher : me renoncez-vous aussi ? Ma foi, je ne payerai point M. d’Harouys[2], si vous voulez tous m’abandonner.



925. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ ET DE CORBINELLI AU PRÉSIDENT DE MOULCEAU.
À Paris, ce 1er mars.

de madame de sévigné.

Il est vrai que j’ai tort de ne vous avoir pas mandé la

  1. 11. Coulanges ?
  2. 12. Mme de Sévigné avait emprunté à d’Harouys une somme assez considérable qui devait être remboursée sur la dot de Mlle de Mauron. Voyez la lettre du 6 avril 1689, et la Notice, p. 259.