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Mme de Goûlanges me paroît fort contente de son Temple, mais je crains bien le logement qui m’y est destiné. Je suis accoutumé aux palais de Rome; ainsi j’aurai les yeux bien grands à mon retour. Pourvu au moins que ces trois petites pièces en bas ne soient pas à rez-dechaussée, qui s’appelle, et qu’elles,aient quelque exhaussement cela me consolera de la triste vue de la cour; mais je crains bien le rez-de-chaussée. Comme c’est un établissement pour ma vie8, vous devriez bien charitablement, Monsieur, me faire quelque légère peinture de ce logement, et s’il est tel que je le crains, faire en sorte auprès de Mme de Coulanges que je le troque contre son second étage, où je me trouverai beaucoup mieux et en plus belle vue; car comme à mon âge j’ai, Dieu merci mes jambes de vingt ans encore, il n’y a point de grenier qui ne m’accommode beaucoup mieux qu’un rez-de-chaussée; cependant ne représentez mes intérêts qu’avec soumission, car pour rien au monde je ne voudrois déplaire à cette madame.

Au reste, l’argent va ici d’une rapidité étonnante; mais c’est aussi que je fais belle dépense et qu’il faut commencer à songer aux petits présents du retour qui entretiennent l’amitié; ainsi, dans l’espérance, Monsieur, que vous m’avez donnée que M. Durye ne se trouvera point importuné des petites avances qui me sont nécessaires, j’ai pris il y a trois jours les mille francs de la dernière lettre de change de M. de Chubere, dont il entendra parler incessamment. Préparez-le donc, Monsieur, à ,cette avance, et à me faire le plaisir de l’acquitter, et assurez-le bien toujours à même temps que je suis homme d’honneur qui’ le lui rendrai en temps et lieu. 8. Mme de Coulanges avoit fait un bail de trente-cinq ans. (Note de l’édition de 17S1, à la lettre du 17 décembre; voyez cette lettre ci-après, p. 606.)