Page:Sade - Dorci, ou la Bizarrerie du sort, 1881.djvu/52

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avait dans sa gourde, quand tout à coup quatre cavaliers de la maréchaussée, accourant au galop, tombent sur lui, l’enchaînent et le conduisent dans les prisons de Rouen, où ils le déposent comme coupable d’avoir assassiné l’homme qu’il cherchait, au contraire, à rappeler à la vie. Ne voyant point mon père revenir comme de coutume, vous vous représentez aisément notre inquiétude, monsieur. Mon frère, qui venait de rentrer, a couru bien vite dans tous les environs, et il est revenu le lendemain nous apprendre cette triste nouvelle. Nous lui avons aussitôt remis le peu d’argent qu’il y avait dans la maison, et il a volé à Rouen porter du secours à notre pauvre père. Trois jours après, mon frère nous a écrit ; nous avons reçu la lettre hier… la voilà, dit Annette en s’interrompant par ses sanglots… la voilà, cette fatale lettre ! Il nous dit de nous tenir sur nos gardes, qu’au premier moment on viendra peut-être nous enlever nous-mêmes pour nous conduire aussi en prison afin