Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/147

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trouvons une des plus singulières anecdotes de cette cour astucieuse, où les crimes les plus noirs avaient toujours l’art, ou d’être étouffés, ou de se déguiser, en faisant présumer pour leurs auteurs ceux qui n’avaient jamais imaginé de s’en couvrir.

Les accidents du roi redoublaient et l’extrême compassion qu’inspirait son mal fixait plus particulièrement l’attention générale sur tous ceux qu’on croyait capables d’avoir provoqué un état qui ne paraissait naturel à personne. Les anciens soupçons dirigés sur Valentine de Milan se reproduisirent, et ce qu’il y eut d’étonnant dans cette absurde injustice, c’est qu’entre deux femmes, dont l’une, Valentine, aimait le roi, et dont l’autre, Isabelle, le détestait, ce fut précisément sur l’amie du monarque qu’on jeta les yeux, tandis qu’on n’osa pas les porter un instant sur l’ennemie.

L’état d’ineptie, dans lequel Isabelle désirait que fût son mari, était, on le sait, d’un grand intérêt pour elle, mais peu important pour Valentine. Aux motifs qui dirigeaient ainsi la reine à l’égard de Charles, vinrent s’en joindre d’autres pour perdre Valentine et par conséquent pour la charger. En effet, malgré l’arrangement immoral contracté entre elle, d’Orléans et Valentine au sujet du roi, Isabelle s’apercevait que celle-ci continuait de rendre à d’Orléans, son époux, des soins, dont elle