Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/260

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parer d’une autorité dont chacun jouissait à son tour. Plût au ciel que ces frénétiques en fussent restés là !

Enfin, les livrées s’arborèrent. Les Armagnacs se distinguaient par une écharpe blanche, dont un de leurs bras était enveloppé. Les Bourguignons prirent la croix de Saint-André, soutenue d’une écharpe rouge : on sait que ces malheureuses distinctions furent dans tous les temps les signaux du combat.

Le duc de Bourgogne, vivement sollicité par la reine et par le dauphin, arriva bientôt au secours des Parisiens, qui venaient de faire deux sorties infructueuses. Il conduisait avec lui le corps d’Anglais que lui avait promis le roi de cette nation ; en traversant Pontoise, il courut le risque d’être assassiné par un homme que ses officiers saisirent, et qui s’avoua Orléanais. Il sera bon de se rappeler cette circonstance propre à nous donner quelques lumières sur des faits qui nous occuperont bientôt.

Jean sans Peur entra donc dans Paris à la tête de quinze mille chevaux et y fut reçu aux acclamations générales du peuple, dont la joie fut néanmoins troublée quand on vit les escadrons anglais mêlés aux troupes françaises. Il y eut même à cause de cela quelques difficultés pour les logements ; mais ces phalanges insulaires que les bons