Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/59

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Plût au ciel qu’on eût enlevé cet homme aux crimes nouveaux dont il devait salir encore les pages de notre histoire !

Les crimes se suivent : Charles le Mauvais forme le dessein d’empoisonner le roi et tous les princes de son sang. Le complot se découvre, les complices sont écartelés. Grande inimitié peu après entre la cour de France et celle d’Angleterre, dont un des premiers motifs est le mariage que vient de contracter Marguerite de Hainaut avec le comte de Nevers, fils du duc de Bourgogne, à laquelle prétend le duc de Lancastre ; on s’écrit, on s’invective ; les discussions particulières animent les querelles générales et les peuples absolument étrangers à ces tracasseries finissent toujours par soutenir de leur sang et de leur fortune des divisions qui leur sont indifférentes et auxquelles ils n’entendent rien.

Telle était la situation de la France, lorsqu’elle sentit la nécessité de marier son roi.

Ô toi que le sort appelait au soutien d’un trône déjà chancelant, devais-tu donc en précipiter la chute ? Mais séduite, ou plutôt corrompue par les exemples qu’on mettait sous tes yeux, n’eus-tu pas quelques droits à l’indulgence de la postérité ? Ah ! sans doute, si tu nous avais du moins offert quelques vertus ! mais c’est en vain qu’on les désire ; c’est sans succès qu’on les recherche ; on ne trouve en toi que désordres ; et c’est avec franchise que nous allons prouver de tristes vérités trop longtemps