Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/69

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

Parmi les seigneurs qui, dès l’arrivée de cette jeune princesse, s’empressèrent de lui rendre hommage, un fut plus particulièrement distingué d’elle ; il se nommait Bois-Bourdon. Jeune et bien fait, rempli de grâces ; une adresse merveilleuse à tous les exercices du corps, mérite certain dans un siècle de chevalerie ; infiniment de souplesse et d’esprit, et surtout de celui qui fait réussir dans les cours. Un tel homme devait plaire à une femme naturellement portée à l’amour, et beaucoup plus occupée des soins de la coquetterie que de ceux de sa réputation. Les notes fournies par ce gentilhomme[1] nous apprennent que l’amour ardent qu’il osa témoigner à sa souveraine ne tarda pas à être payé de retour.

À peine cette liaison fut-elle formée qu’Isabelle en profita pour s’instruire. Bois-Bourdon la mit promptement au fait des événements dont il lui devenait absolument essentiel de s’emparer, si elle ne voulait pas en devenir la victime : « Il faut partager les désordres de la cour de Charles VI, Madame, dit ce favori, si l’on ne veut pas être entraîné par eux. Ne pouvant imposer de digues au torrent, il faut s’abandonner à ses flots ; ils couleront pour vous sur un sable d’or, si vous

  1. Voyez la préface.