Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/94

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duc d’Orléans dont le but était de savoir lequel des deux arriverait le plus tôt de Montpellier à Paris, pour se rendre auprès de leurs femmes ; la gageure put exister, mais le roi ne pouvait avoir pour motif l’empressement de voir sa femme, puisqu’il ne l’avait pas quittée. Quand de semblables erreurs jettent autant de louche sur les vérités de l’histoire, comment peut-on se les permettre ?

Isabelle qui venait de sentir combien la présence du roi la gênait pour des exactions semblables à celle qu’elle venait de faire, afin de se trouver plus à l’aise, et surtout bien moins observée, projeta d’éloigner son époux et de l’engager à quelques entreprises lointaines qui la fissent régner toute seule.

« Sire, lui dit-elle un jour, votre goût et votre talent pour les armes languissent dans une impardonnable oisiveté ; vos généraux et vos soldats s’énervent au sein de l’indolence, et je vois d’ici la mollesse effacer de ses doigts flexibles les pages de l’histoire d’un règne que vous pourriez rendre plus glorieux. Si le plus beau et le plus noble des projets échoua sous saint Louis, Votre Majesté en connaît les causes : plus occupés de leur ambition et du désir de se faire des royaumes, les héros des croisades sacrifièrent à une gloire bien cou-