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LA MARQUISE DE GANGE

mon cher frère, dit Euphrasie, en embrassant tendrement son mari : comment penserais-je encore à des malheurs qui n’eurent d’autre cause que l’amour de ce tendre époux ; et, comment la douleur qu’il témoigne de ce qui s’est passé n’absorberait-elle pas tout ressentiment dans mon cœur ?

On s’occupa des affaires de la succession ; le marquis offrit ses services ; madame de Châteaublanc remercia, en disant, sans aucune aigreur, sans aucune espèce de ressentiment, que ses gens de confiance étaient déjà chargés de tout ce qui avait rapport à cela, et qu’il était inutile que son gendre prît aucune peine.

Un air sérieux et réfléchi caractérisa de ce moment les traits d’Alphonse ; il s’inclina, en assurant avec froideur que le désir seul d’éviter des soins à sa belle-mère et à son épouse l’avait engagé à cette offre ; mais que tout ce que feraient ces dames serait à merveille.

On parla ensuite d’acquérir un bel hôtel, rue de la Calade, où toute la famille pourrait se loger les hivers ; et la marquise, sans rejeter ce projet, en éloigna cependant l’exécution jusqu’à la liquidation des revenus arriérés de la succession. Madame de Châteaublanc fut de cet avis, et il prévalut. — Nous ne nous verrons donc jusque-là qu’en cérémonie, dit Alphonse assez froidement ; cela est très désagréable quand on