Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/139

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Il s’en faut bien que tous les peuples aient également estimé des prémices. Plus une fille, dans l’Amérique septentrionale, avait eu d’avantures galantes, plus elle trouvait d’époux qui la recherchaient. On n’en voulait point si elle était vierge : c’était une preuve de son peu de mérite.

Aux îles Baléares, le mari est le dernier qui jouisse de sa femme : tous les parens, tous les amis le précédent dans cette cérémonie ; il passerait pour un homme fort malhonnête s’il s’opposait à cette prérogative. Cette même coutume s’observait en Irlande, et chez les Nazaméens, peuple de l’Égypte ; après le festin, l’épouse nue allait se prostituer à tous les convives, et recevait un présent de chacun.

Chez les Messagetes, toutes les femmes étaient en commun : lorsqu’un homme en rencontrait une qui lui plaisait, il la faisait monter sur son charriot, sans qu’elle pût s’en défendre ; il suspendait ses armes au timon, et cela suffisait pour empêcher les autres d’approcher.

Ce ne fut point en faisant des loix de mariage, mais en établissant, au contraire, la parfaite communauté des femmes, que les