Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/155

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


vos amans, voilà dès-lors la moitié des soupçons dissipée, et votre tranquillité bien établie sur tout ce qui tient aux grossesses.

Faites épier les démarches de votre tyran ; il ne faut jamais avoir de surprises à craindre, quand on veut jouir avec délices.

Si jamais pourtant vous étiez découvertes, au point de ne pouvoir plus nier votre conduite, jouez le remords, redoublez de soins et d’attentions avec votre mari : si vous avez préalablement gagné son amitié, par des complaisances et des égards, il reviendra bientôt ; s’il s’obstine, plaignez-vous la première ; il n’est pas que vous ne possédiez son secret ; menacez-le de le divulguer ; et c’est pour avoir toujours sur lui cet empire, que je vous recommande d’étudier ses goûts et de les servir dès les commencemens de votre union : enfin, le prenant de cette manière, vous le verrez infailliblement revenir ; composez alors avec lui, et passez-lui tout ce qu’il voudra, pourvu qu’il pardonne à son tour : mais, n’abusez pas de cette composition ; redoublez l’épaisseur des voiles ; une femme prudente doit toujours craindre d’irriter par trop son époux.

Jouissez tant que vous ne serez pas décou-