Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/375

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que, sortant un soir de la comédie italienne, six hommes arrêtent ma voiture, contiennent mes gens, me font descendre avec ignominie, et me précipitent dans un fiacre, en criant au cocher, à l’hôpital.

Oh ! ciel, me dis-je, je suis perdue ! Mais, me remettant aussitôt, messieurs, m’écriai-je, ne vous trompez-vous point ? Je vous demande pardon, mademoiselle nous nous trompons, me répondit un de ces scélérats que je reconnus bientôt pour Lubin lui-même, nous nous trompons sans doute, car, c’est à la potence, que nous devrions vous mener, mais, si jusqu’à de plus amples informations, la police en ne vous envoyant qu’à l’hôpital, veut bien par égard pour monsieur de Noirceuil, ne pas vous donner, tout de suite, ce qui vous est dû, nous espérons que ce ne sera qu’un léger retard. Eh bien, dis-je avec effronterie, nous le verrons, prenez-garde, surtout, que je ne fasse bientôt repentir ceux qui, se supposant un moment les plus forts, osent m’attaquer avec tant d’audace. Nous arrivons. On me jette dans un cachot obscur, où, pendant trente-six heures, je ne vis absolument que des geoliers.