Page:Sade - Oxtiern, ou les Malheurs du libertinage,1800.djvu/36

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l’autre. Adieu ; qu’Amélie m’avertisse au moindre besoin que tu auras de moi ; et souviens-toi que le petit-fils de l’ami de Charles XII, ne saurait animer qu’un être fait pour soutenir l’honneur et la gloire de sa famille.




Scène X.


Ernestine, seule.

Non, il n’est qu’un seul moyen de me satisfaire, Oxtiern ; c’est mon sang qu’il faut que tu répandes, ou le tien qu’il faut que je verse jusqu’à la dernière goute… Écrivons. (Elle se place près de la table, et lit à mesure qu’elle écrit). Un honnête homme n’outrage point impunément une fille vertueuse ; vous connaissez les lois de l’honneur, accomplissez-les ; l’adversaire que je vous offre est digne de se battre avec vous ; le jardin de cette hôtellerie vous servira de champ, les armes seront vos épées ; rendez-vous ce soir à onze heures à l’endroit que je vous indique ; un jeune homme vêtu de blanc, se présentera devant vous ; attaquez-le fermement, il vous répondra de même ; songez qu’il faut que l’un des deux périsse, Oxtiern, soyez aussi brave que vous avez été vil ; à ce seul prix, Ernestine vous pardonne. Adieu. (Elle cachete son billet, puis elle sonne).