Page:Saint-Amant - Œuvres complètes, Livet, 1855, volume 1.djvu/359

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Je voy trébucher le Fortin[1],
Et sur une petite crouppe
Transit Monterey[2] le mutin.

Ô ! comme en ce chocq perilleux
On fera peter le salpestre !
Qu’en l’Orque on envoyra bien pestre
Ces matamores orgueilleux,
En l’espouventable descente
Qui nous trace au ciel une sente !
Ils auront beau se rebiffer,
Il faudra que leur œil consente
À voir nostre bras triomfer.

Là, le rebec je quitteray
Pour mettre la main à la serpe ;
Là, laissant pour Bellonne Euterpe,
Les plus mauvais je frotteray ;
Puis aprez, comme un sire Orfée,
Ayant la cervelle eschauffée
Du fumet si doux à Bacchus,
Je celebreray le trofée
Basty des armes des vaincus.

Mais c’est assez pronostiqué,
L’advenir à moy se referme ;
Le dieu me quitte et pose un terme
Au discours sous luy fabriqué.
Revenons à nostre passage,
Et qu’on m’estime ou fol ou sage,
Timpanisons-le d’un mesme air,
Suivant Doris au gent corsage,
De l’une jusqu’en l’autre mer.

  1. Fortin, petit fort fait par les Espagnols sur la pointe de l’isle Sainte-Marguerite. (S.-A.)
  2. Monterey, autre fort en ladite isle. (S.-A.)