Page:Sainte-Beuve - Causeries du lundi, III, 3e éd.djvu/392

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Laudi 17 février 1851.

MADAME EMILE DE GIRARDIN.

(Poésies. — Élégies. — Napoline. — Cléopâtre. — Lettres parisiennes, etc., etc.)



Et d’abord je tracerai un cercle autour de mon sujet, et je dirai à ma pensée et à ma plume : Tu n’iras pas plus loin. À l’intérieur de ce cercle, de ce cadre indispensable dont il faut entourer toute figure de femme belle et spirituelle, n’entreront point du tout, ou du moins n’entreront qu’à peine et à mon corps défendant, les éclats, les ricochets de la politique, de la satire, les réminiscences de la polémique, toutes choses du voisinage et auxquelles, si on se laissait faire, un si riche sujet pourrait bien nous convier. Je ne prendrai en Mme de Girardin que la femme, le poëte de société et de théâtre, le moraliste du monde et de salon, Delphine, Corinne, et le vicomte Charles de Launay, rien que cela. Vous voyez que je suis modeste, que j’élude hardiment les difficultés, et que je ne suis pas homme à me mettre de grosses affaires sur les bras.

Mlle Delphine Gay, qui devait être de bonne heure célèbre, est née au plus beau matin du soleil de l’Empire, à Aix-la-Chapelle, où son père était receveur-général, et elle a été baptisée, dit-on, sur le tombeau de Charlemagne. Ne voyez-vous pas déjà d’ici le siècle en per-