Page:Samain - Œuvres, t2, 1921.djvu/212

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Le sang horriblement ruisselait sur ses doigts,
Rouge et brûlant encor d’une vie irritée ;
Alors, jetant la peau sur ève épouvantée,
Il l’entraîna, tremblante à son poing, dans les bois…

Ils allaient, la terreur creusait leurs faces blanches ;
Ils allaient, la sueur au front, les pieds plus lourds,
Courant toujours et fous de peur de voir toujours
La lune en sang courir derrière eux dans les branches !

Cependant, sur leurs pas, l’odeur de la toison
Éveillait la fureur des bêtes carnassières ;
Et, jailli des halliers, des taillis, des clairières,
Leur fourmillement fauve emplissait l’horizon…

Ainsi longtemps, longtemps, par les forêts obscures,
Ils allèrent, l’horreur attachée à leurs flancs ;
Et la peau de la bête, à ses âcres relents,
Allumait dans leurs os le feu noir des luxures ;