Page:Samain - Œuvres, t2, 1921.djvu/229

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La nymphe grasse et rousse ondoyait aux clairières
Où l’herbe était foulée aux pieds lourds des silvains,
Et, dans le vent nocturne, au long des noirs ravins,
Le centaure au galop faisait rouler des pierres.

Votre âme est pleine encor des songes anciens ;
Et la flûte de Pan, dans les campagnes veuves,
Les beaux soirs où la lune argente l’eau des fleuves,
Fait tressaillir encor vos grands chênes païens.

Les muses, d’un doigt pur soulevant leurs longs voiles
À l’heure où le silence emplit le bois sacré,
Pensives, se tournaient vers le croissant doré,
Et regardaient la mer soupirer aux étoiles…

Nobles forêts, forêts d’automne aux feuilles d’or,
Avec ce soleil rouge au fond des avenues,
Et ce grand air d’adieu qui flotte aux branches nues
Vers l’étang solitaire, où meurt le son du cor.