Page:Sand - Évenor et Leucippe, Garnier, 1856, tome 1.djvu/232

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vit encore dans le chaos des facultés latentes. Je dis le chaos et non le néant. Évenor pouvait être dégagé de l’état de rêve flottant, et initié de nouveau à la vie de relation et de sentiment réfléchi.

Ce n’est pas précisément le hasard qui avait conduit Évenor vers la solitude. Une sorte de fatalité, résultat de son orgueil naissant, l’avait poussé à s’isoler quelques instants. Si la destinée ne l’eût alors saisi et entraîné comme par surprise, il est à croire que, de plus en plus porté à la rêverie mélancolique, il se fût créé lui-même un monde intérieur particulier, peut-être