Page:Sand - Antonia.djvu/224

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ne put réussir à rendre très-humbles, l’exposé de sa situation.

— Je vous demande pardon, madame, lui répondit la marquise, mais je n’entends rien à ces affaires, n’ayant pas l’avantage de vivre dans l’intimité des procureurs. Si vous voulez bien envoyer le vôtre à mon notaire, il prendra connaissance de mes droits comme de mes devoirs, et il se convaincra que vous n’êtes pas au nombre des charges qui m’ont été laissées.

— Ce n’est point là, madame la marquise, la réponse que je réclamais de votre loyauté. Il se peut que vous ne me deviez rien, et cela doit être, puisque vous l’affirmez. Je pensais que, par des considérations de famille…

— Je n’ai pas l’honneur d’être de la vôtre, répondit sèchement la marquise.

— Vous voulez dire, reprit Julie, ranimée par la provocation, que M. le comte d’Estrelle s’est un peu mésallié en épousant une fille de noblesse mi-partie de robe et d’épée. Ceci ne m’offense pas, je ne rougis pas de mes aïeux magistrats, et ne me crois au-dessous de personne ; mais je ne suis pas venue ici pour discuter mes titres à l’honneur de porter le nom que vous portez aussi. Le fait existe, je suis la comtesse d’Estrelle ; dois-je perdre l’existence qui m’avait été promise et qui semblait assurée ? Si M. le marquis m’a oubliée en mourant, ne résulte-t-il pas d’intentions dont il a dû vous faire part que vous acquit-