Page:Sand - Antonia.djvu/243

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peu et regarda le notaire, comme pour lui demander son avis. Cet air de déférence n’échappa point à la perspicacité de l’homme de loi, qui décidément se sentait de la sympathie pour elle.

— Ce serait le moment, dit-il à sa rude cliente, d’annoncer à madame vos bonnes intentions sur la question exécutoire.

— Eh ! oui, sans doute, répliqua la marquise, je veux entrer en possession de l’hôtel sur-le-champ, demain au plus tard ; mais je laisse le pavillon pour deux ou trois mois à madame.

— Le pavillon ? dit Marcel surpris. Mais il est loué, le pavillon ! Madame la marquise n’ignore pas qu’il est loué pour neuf ans ?

— Mais le bail est nul, maître Thierry, car je ne l’ai pas signé, et, aux termes de nos accords matrimoniaux, M. le marquis d’Estrelle ne pouvait faire aucun acte sans ma participation expresse.

— Ainsi madame Thierry serait mise en demeure de déloger sans indemnité ?

— J’en suis fâchée pour elle ; mais vous savez mon contrat par cœur : regardez le bail, et vous vous convaincrez de la nullité.

Elle prit le bail, qui était dans sa poche, et le montra. Il n’y avait rien à dire.

— Qu’est-ce que ça vous fait ? dit la marquise riant de la consternation de Marcel. Madame la comtesse est encore en état de dédommager madame Thierry de cette contrariété. On ne compte pas avec ses amis !