Page:Sand - Antonia.djvu/257

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La surprise avait coupé la parole à Marcel. L’oncle, qui d’abord l’avait regardé d’un air de triomphe et qui avait bien vu l’ingénuité de son étonnement, devint sombre et de nouveau irrité quand il se sentit ainsi bravé en face par madame d’Estrelle.

— Alors, dit-il en se levant, c’est entendu, c’est arrêté, et vous ne voulez pas entendre mes dernières propositions ?

— Si fait ! s’écria Marcel, dites toujours. Je n’approuve pas, moi, toutes les idées de madame d’Estrelle, et je lui déclare devant vous que je combattrai celle de ce mariage. Parlez donc, fournissez-moi des arguments…

— Tu es dans le vrai cette fois-ci, toi, répondit M. Antoine. Eh bien, puisqu’elle tourne la tête d’un air d’entêtement et de mépris, car elle est méprisante, oui ! et c’est là une nièce qui me traitera comme madame ma belle-sœur,… dis-lui ce que je ferai, si elle renonce à son barbouilleur de tulipes. Je la tiendrai quitte de toutes ses dettes, je lui laisserai son hôtel, son jardin, son pavillon, ses diamants, sa ferme du Beauvoisis, tout ce qui lui reste enfin !

— Attendez, attendez ! dit Marcel à Julie, qui voulait répondre.

— Non ! dit Julie ; je n’accepte rien de l’homme qui traite Julien et madame Thierry avec ce dédain et cette aversion. Je fais bon marché de mon injure personnelle. Je pardonne à monsieur de m’avoir livrée aux sarcasmes et aux outrages de la marquise et de son