Page:Sand - Antonia.djvu/26

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— Mais je ne suis pas décidée à vendre celui dont nous parlons, dit la comtesse sortant d’une sorte de vague rêverie. Il ne me gêne pas. Il est habité par une personne digne et tranquille, à ce qu’on m’a dit.

— Oui, madame, dit Marcel ; mais c’est un petit loyer qui ne va augmenter votre revenu que de bien peu. Pourtant, s’il vous plaît de le conserver, il sera encore utile, en ce sens qu’il représente une valeur rassurante pour les intérêts d’une de vos dettes.

— Nous verrons cela, monsieur Thierry. J’y penserai, et vous me donnerez conseil. Dites-moi le chiffre total du don que vous m’apportez.

— Trente mille livres environ.

— Dois-je remercier ?

— À votre place, je n’en ferais rien ! s’écria la baronne.

— Remerciez toujours, dit à voix basse le procureur. Un mot de bonté modeste et résignée ne coûte rien à un cœur comme le vôtre.

La comtesse écrivit deux lignes et les remit à Marcel.

— Espérons, dit-il en se levant, que le marquis d’Estrelle sera touché de votre douceur.

— Ce n’est point un méchant homme, reprit Julie ; mais il est bien vieux, bien affaibli, et sa seconde femme le gouverne beaucoup.

— C’est une véritable peste que l’ex-madame d’Orlandes ! s’écria la baronne.

— N’en dites pas de mal, madame la baronne,