Page:Sand - Cadio.djvu/204

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SAINT-GUELTAS, lui donnant une bourse. Voilà la preuve.

LA MÈRE CORNY, émue. Ah ! bonne sainte Vierge, tant que ça ? Mais, si c’est pour le dommage de quelqu’un, je n’en veux point.

SAINT-GUELTAS. Non, je suis un brigand, un chef. Je me cache. Je ne demande qu’à me reposer une heure chez vous, et je pars.

LA MÈRE CORNY. Dame, c’est qu’on va avoir du monde, et on a invité les garnisaires. Vous irez dans la grange, on vous portera à souper. Tenez ! v’là la noce qui arrive. Écoutez le biniou ! Deux belles mariées, oui-da !

SAINT-GUELTAS. Deux ?

LA MÈRE CORNY. Une jeune et une sur le retour, mais encore de bonne mine. (Roxane entre en toilette de mariée avec la fleur d’oranger à sa cornette ; elle donne le bras à Rebec.)

SAINT-GUELTAS. Ça ?

LA MÈRE CORNY. Eh ! oui, c’est la Marie-Jeanne, notre servante.

SAINT-GUELTAS, à part. Roxane ! Je crois rêver. (Haut.) Mais l’autre ?…

LA MÈRE CORNY. Tenez ! notre vachère Françoise, avec le ménétrier Cadio. (Elle va au-devant de Louise et de Cadio, qui sont entrés avec une partie des invités.)

SAINT-GUELTAS, à part. Louise ! Cadio ! je deviens fou ! Ah ! la Tessonnière, je le ferai parler ! (Il se glisse parmi les invités. — Toute la noce est entrée dans la cour et entoure les deux couples. Un des garçons du village tient la cornemuse de Cadio et crie : « Une danse, une danse, avant d’entrer au logis ! » Les quatre garnisaires avec leur caporal crient : « Vivent les mariés ! Une danse, tout de suite ! »)

ROXANE. Oui, oui, la ronde de Bretagne ! C’est très-joli ! Je veux danser, moi, ouvrir le bal. (À Louise.) Sois