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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

froid, je dois m’y attendre. Mais il n’en sera pas ainsi, n’est-ce pas ?

Vous êtes auprès de lui, vous lui parlez de moi et vous me conservez mon bien le plus précieux : l’amour de mon fils ? Bah ! j’ai tort d’être triste. C’est vous faire injure. Je suis tranquille.

On me blâme, à ce qu’il paraît, d’écrire dans le Figaro. Je m’en moque. Il faut bien vivre et je suis assez fière de gagner mon pain moi-même. Le Figaro est un moyen comme un autre d’arriver. Le journalisme est un postulat par lequel il faut passer. Je sais que souvent il est dégoûtant ; mais on n’est pas obligé de se salir les mains pour écrire, et j’arriverai, j’espère, sans cela. Ce petit journal fait de l’opposition et de la diffamation. Il s’agit de ne pas prendre l’un pour l’autre. C’est peu de chose de gagner sept francs par colonne ; mais c’est beaucoup que de se rendre nécessaire dans un bureau de littérature. Cela vous mène à tout, même sans camaraderie, et sans que la personne paraisse le moins du monde. Je n’ai affaire qu’à M. de Latouche. Je vis toujours tranquille et retirée. Je vais au spectacle presque tous les soirs avec les loges qu’il me donne. C’est très agréable.

Vous saurez que j’ai débuté par un scandale, une plaisanterie sur la garde nationale. La police a fait saisir le Figaro d’avant-hier. Déjà je m’apprêtais à passer six mois à la Force ; car j’aurais très certainement pris la responsabilité de mon article. M. Vivien