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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

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fils et l’âne… Je ne vois autour de vous que le desservant de T… que nous puissions insulter ainsi. Je n’ose quasi pas vous embrasser après une pareille pensée.


LXVIII

À M. CHARLES DUVERNET, À LA CHÂTRE


Nohant, lundi soir, 25 juin 1831.


Comme nous nous verrons vendredi, entre l’air bienveillant et paternel du châtelain, et les decaudinades[1], nous ne pourrons guère dire deux mots de suite. Je ne veux pas partir, mon bon Charles, sans vous dire combien votre amitié m’a été douce durant ces trois mois. Nous ne nous connaissions pas, et notre camaraderie d’enfance ne nous eût rien appris l’un de l’autre, si une affection qui nous est commune ne fût venue resserrer ce lien et rapprocher nos cœurs, dont les bizarreries respectives avaient besoin de s’entendre.

Sans vous, j’aurais éprouvé bien plus les amertumes de mon intérieur. Votre intérêt, la confiance avec laquelle je m’épanchais près de vous ont adouci ce temps d’épreuves. En mettant nos ennuis en commun, nous les avons mieux supportés. Du moins, je puis l’avancer pour mon compte, et je voudrais

  1. Du nom d’un ami de Duvernet appelé Decaudin.