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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND


CXII

À M. JULES BOUCOIRAN, À PARIS


Venise, 6 avril 1834.


Mon cher enfant,

J’ai reçu vos deux effets sur M. Papadopoli[1], et je vous remercie. Maintenant je suis sûre de ne pas mourir de faim et de ne pas demander l’aumône en pays étranger ; ce qui, pour moi, serait pire. Je m’arrangerai avec Buloz, et il pourra suffire à mes besoins sans se faire trop tirailler ; car je travaillerai beaucoup.

Alfred est parti pour Paris, et je vais rester ici quelque temps.

Il était encore bien délicat pour entreprendre ce long voyage. Je ne suis pas sans inquiétude sur la manière dont il le supportera ; mais il lui était plus nuisible de rester que de partir, et chaque jour consacré à attendre le retour de sa santé la retardait au lieu de l’accélérer. Il est parti enfin, sous la garde d’un domestique très soigneux et très dévoué. Le médecin[2] m’a répondu de la poitrine, en tant qu’il la ménagerait ; mais je ne suis pas bien tranquille.

  1. Banquier à Venise.
  2. Le docteur Pagello.