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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND


CXIV

À M. HIPPOLYTE CHATIRON, À PARIS


Venise, 1er juin 1834.


Mon ami,

À présent que je suis revenue de Constantinople, je te dirai que c’est un bien beau pays, mais que je n’y suis pas allée. Il fait trop chaud et je n’ai pas assez d’argent pour cela. Si j’en avais, j’irais à Paris tout de suite et non ailleurs. Si tu entends dire que je suis noyée dans l’Archipel, sache donc bien qu’il n’en est rien et que c’est une nouvelle littéraire, rien de plus.

Je suis à Venise, travaillant comme un cheval, afin de payer mon voyage d’Italie, que je dois encore à mon éditeur, mais dont je m’acquitte peu à peu. Je comptais être débarrassée de cette corvée il y a deux mois. Des circonstances imprévues, un voyage dans le Tyrol, quelques chagrins, m’ont retardée dans mon travail, et dans mes profits par conséquent.

Néanmoins mon courage n’est pas mort ; mais, pour le moment, je souffre beaucoup d’être loin de mes enfants depuis si longtemps. J’ai été dans une grande inquiétude par le silence de Boucoiran, lequel silence dure encore, je ne sais pourquoi. J’ai reçu enfin une lettre de Gustave Papet, qui en contenait une de Mau-