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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

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célébrité, que ce regard curieux, sévère ou exigeant, que le monde m’accorde. Laissez-moi le fuir.

Si je vous rencontrais dans un champ, dans une auberge, si je vous voyais dans votre maison à la campagne, ou dans la mienne, je pourrais espérer de réparer le mauvais effet de la première entrevue, et je ne me méfierais pas de moi-même. Mais, ici, nous ne nous trouverions jamais seules ensemble ; ma mansarde n’a qu’une pièce, et trente personnes s’y succèdent chaque jour, soit à titre d’amis, soit pour raison d’affaires, soit par oisiveté de curieux. Je cède souvent à ceux-là, par crainte d’être jugée orgueilleuse. Comprenez-moi mieux et aimez-moi mieux qu’eux tous. Vous n’avez pas besoin de moi ; sans cela, j’irais au-devant de vous.

Ne me croyez pas ingrate. Je baise la main qui a tracé mon éloge avec tant de grâce.

GEORGE SAND.


CXXVII

À M. ***


Paris, juin 1835.


L’amour, tel que notre nature le conçoit et le ressent en 1835, n’est pas tout ce qu’il y a de plus pur