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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

tout faible et inférieur qu’il est à l’autre sentiment, de les rompre.


XIV

À MADAME MAURICE DUPIN, À PARIS


Nohant, 5 juillet 1827.


Pourquoi donc ne m’écrivez-vous pas, ma chère maman ? Êtes-vous malade ? Si cela était, je le saurais probablement, Hippolyte ou Clotilde me l’auraient écrit. Mais, depuis le 24 mars, pas un mot de vous !

Vous m’oubliez tout à fait, et me ferez regretter de ne pas habiter Paris, si les absents ont si peu de part à votre souvenir. Je ne suis pas démonstrative, mais votre silence me peine et me fait mal plus que je ne saurais le dire.

Caroline est-elle toujours près de vous ? Ce serait du moins une consolation pour moi que de vous savoir heureuse et satisfaite. Je n’attribuerais cette absence de lettre à rien de fâcheux et j’en souffrirais seule. Mais que ne puis-je augurer de cette incertitude ? hors une maladie, dont je serais certainement informée par quelqu’un, j’imagine tout. Il faut que vous ayez quelque chagrin. Mais quel chagrin vous force à me laisser ainsi dans l’inquiétude ? Hippolyte me mande que la famille Defos va partir pour