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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

à peu près en même temps que la vôtre) qui me l’a apprise. J’étais fort contrariée, je vous assure, de ne savoir où vous étiez. Je suis enfin bien heureuse de vous savoir installée de nouveau à Paris, bien portante et avec la société de votre enfant[1]. Embrassez-le bien de ma part, je vous en prie et gardez-le le plus longtemps possible ; car j’ai bien envie de le voir.

À cet égard, je ne sais pas du tout quand j’aurai le bonheur de vous embrasser. Je crois que je ferai tranquillement mes couches ici, où je serai plus commodément et plus économiquement pour passer les premiers mois de ma nourriture. Si nos affaires nous le permettent, je fais le projet d’aller passer, cet hiver, quelque temps près de vous. Ma santé est assez bonne, quoique, depuis quelques semaines, je souffre beaucoup de l’estomac. En ne mangeant pas, j’y échappe. Cela me coûte fort, car j’ai des faims très exigeantes, que je ne puis satisfaire sans les payer de plusieurs jours de souffrance et de diète.

Je ne suis pas très forte, et la moindre course en voiture me fatigue beaucoup. À cela près, je vais bien. Je suis si grosse, que tout le monde pense que je me suis trompée dans mon calcul et que j’accoucherai très prochainement : je ne crois pourtant pas que ce soit avant deux mois.

Casimir me charge de vous dire qu’il est très mé-

  1. Oscar Cazamajou, son petit-fils.